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Comment l’argent de l’IA et de la crypto influence les élections américaines de mi-mandat ?

Les secteurs de l’IA et de la crypto sont déterminés à influencer les élections de mi-mandat de novembre 2026. Leur objectif ? Faire élire un maximum de représentant·es favorables à leurs intérêts au Congrès et au Sénat. La chercheuse Molly White a conçu un outil interactif pour tracer les flux financiers qui nourrissent cette politique d'influence.

À l’occasion de la présidentielle américaine de 2024, le secteur des crypto-actifs s’était positionné comme le premier financeur privé de la campagne, mobilisant pas moins de 203 millions de dollars pour influencer l’élection. Deux ans plus tard, la crypto-industrie a largement récolté les fruits de cette campagne d’influence financière d’ampleur. Aujourd’hui, il faut également compter avec les centaines de millions de dollars des industriels de l’IA dans la perspective des élections de mi-mandat de l’ère Trump II.

Les américain·es sont en effet appelé•es aux urnes au mois de novembre 2026. À cette occasion, l’intégralité de la chambre des représentants sera renouvelée, tout comme les 35 des 100 sénateurs qui composent la chambre haute du Sénat. Une élection cruciale pour le secteur de la Tech, qui mobilise des centaines de millions de dollars afin de faire élire des représentant•es favorables à ses intérêts, mais aussi neutraliser les élu·es susceptibles de ralentir la folle accélération industrielle de ce secteur.

Follow the money

L’outil Tech Influence Watch, développé par la chercheuse spécialiste des cryptos Molly White, permet de tracer les flux financiers des industriels tech déversés dans la campagne. Premier enseignement : le secteur de l’IA entend dupliquer la stratégie victorieuse de l’industrie des cryptos ; les mêmes stratèges et financiers sont mobilisés en vue d’un effort d’influence transpartisan. À ce jour, plus de 408 millions de dollars ont déjà été mobilisés pour influencer les élections de mi-mandat.

Deuxième enseignement : comme en 2024, il s’agit autant d’apporter un soutien financier aux élu·es pro-IA et pro-crypto que de mener des campagnes ciblées contre les élu·es favorables à l’encadrement et à la régulation de ces secteurs. Parfois, l’effort d’investissement pour « neutraliser » un opposant est plus important que celui destiné à financer un partisan du secteur.

Les PACs à suivre

L’argent des industriels de l’IA et de la crypto circule à travers des véhicules appelés Super PAC ( pour Political Action Committees ) dont l’existence a été permise par un arrêt de la Cour Suprême des États-Unis Citizen United vs FEC en 2010. L’un des plus puissants d’entre eux, FairShake, est affilié aux industriels de la crypto comme Coinbase (bourse d’échanges) et Ripple (stablecoin). Il compte aussi parmi ses financiers de grands noms du venture capital américain, en particulier le fonds Andreessen Horowitz. FairShake finance en particulier Defend American Jobs, un PAC national-conservateur associé au Parti Républicain.

Leading the Future est un « super PAC » transpartisan pro-IA. Il finance les élu·es démocrates et républicains qui affichent ouvertement leur intention de soutenir l’accélération technologique de l’industrie de l’IA. Il est affilié aux véhicules Think Big, le PAC pro-IA démocrate et American Mission, son équivalent républicain.

En matière d’agenda pro-IA, il faut également compter sur le récent Innovation Council Action, emmené par un ex-membre de l’administration Trump, comme le rapporte le New York Times.

Les groupes « dark money »

Alors que les PAC sont soumis à une obligation de transparence et doivent rendre publique l’identité de leurs principaux donateurs, d’autres structures de financement de la vie politique américaine opèrent dans l’ombre. Ce sont les 501c4, des groupes dits « dark money », dont les donateurs — des personnes physiques, mais aussi des entreprises — peuvent rester anonymes sans limite de donation. C’est le cas de la structure Cedar Innovation Foundation qui gravite dans l’orbite de l’industrie des cryptos. L’industrie de l’IA dispose également d’un groupe « dark money » baptisé Build American AI. Le magazine Wired a révélé que cette puissante organisation est notamment financée par les entreprises OpenAI, Palantir et Andreessen Horowitz, avec pour objectif de diffuser un discours pro-IA impérialiste désignant la désignation de la Chine comme rival existentiel.

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