Secrétaire d’État au Numérique d’Emmanuel Macron de 2019 à 2022, Cédric O a investi 176,10 euros dans Mistral AI à sa création en avril 2023, une participation de 0,7 % aujourd’hui valorisée à plus de 81 millions d’euros (Observatoire des multinationales). Une belle opération. L’enquête de Clément Pouré, appuyée sur la correspondance entre l’ex-ministre et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), décrit un « co-founding advisor » qui se dit bénévole mais rencontre à Bruxelles des négociateur·ices de l’AI Act, au moment où Thierry Breton, alors commissaire européen, reproche publiquement à Mistral de ne pas défendre l’intérêt général (La Tribune). La HATVP, qui lui rappelle en février 2024 l’interdiction de représenter les intérêts de l’entreprise, ne donne pas suite. Elle admet que les décisions européennes échappent à son périmètre et qu’aucune prise de participation n’exige de saisine préalable. Cédric O, qui n’a pas répondu à l’Observatoire, tient le débat pour clos. Le conflit d’intérêts, pour l’enquête, se loge précisément dans ces angles morts du droit, que la conformité aux réserves de 2022 ne referme pas.
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