Le répertoire d’action pour résister à l’IA s’étoffe, à mesure que cette industrie accélère son déploiement, sans délibération ni consensus démocratique. Des initiatives collectives visent à mettre en commun les outils de la résistance.
The AI Resist List

Emmené par la journaliste américaine Karen Hao, autrice d’Empire of AI, une minutieuse enquête sur le mastodonte de l’IA et son patron Sam Altman, ce collectif de journalistes, chercheurs·euses et activiste regroupe dans un site interactif les grands pôles de la résistance contemporaine à l’intelligence artificielle. L’ambition de cet atlas des résistances est de tordre le cou à la rhétorique de l’inévitabilité qui accompagne systématiquement le déploiement massif et sans concertation d’une technologie écocide et socialement insoutenable.
En s’inspirant des stratégies d’action proposées par l’ONG Choose Democracy, le collectif met en avant plusieurs piliers qui constituent autant d’axes de résistance, dotés de leviers d’action propres. Parmi ces piliers : « dénoncer le battage médiatique autour de l’IA » ; « tracer les flux financiers » ; « combattre l’implantation des data centers » ; « réclamer la propriété de nos données » ou, plus directement « refuser l’IA » à un niveau individuel. Chaque est documenté avec des exemples de luttes locales partout dans le monde. L’atlas interactif se complète d’une section sur des futurs alternatifs possibles.
Site : AI Resist List
Dirty Data

Le projet Dirty Data expose le coût social et environnemental des infrastructures de l’IA, ainsi que les conséquences directes sur celles et ceux qui en payent le prix, en particulier dans les pays du Sud global et de la périphérie. Ce site interactif propose ainsi une carte animée qui rassemble les principaux « point chauds » en matière de construction de data centers — notamment en France — et rassemble des articles qui mettent en lumière les impacts autant que les résistances.
Ainsi, en Inde, l’implantation de data centers se fait au prix du déplacements des populations locales qui font face à des risques de santé importants (Displacement and Health Risks in India). L’IA aggrave également le stress hydrique dans la plupart des pays accueillant des data centers (The AI thirst Trap). Parmi les journalistes impliqués, les français Mathilde Saliou, collaboratrice de Synth, et Clément Pouré ont participé à cet ambitieux projet éditorial.
Site : dirtydata.earth
The Luddite Lab Ressource Hub

Ce site centralise des ressources académiques et des articles afin que les responsables syndicaux se saisissent de la question de l’IA afin de combattre l’automatisation à marche forcée des entreprises. Le Luddite Lab est une émanation du DAIR Institute, une organisation pilotée par la chercheuse critique de l’IA Timnit Gebru et la sociologue Alex Hanna. Toutes deux sont à la pointe des discussions sur le caractère raciste, sexiste et stigmatisant des algorithmes et des jeux de données qu’ils manipulent. Leur propos éclaire donc les enjeux d’une lutte anti-raciste contre l’IA.
Site : Luddite Lab Ressource Hub








