Clarifier les enjeux du présent technologique
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Le piège de la soif de l’IA, l’essor des data centers contribue à une « faillite hydrique mondiale »

Cet article, publié originellement le 17 février 2026 sur le site Dirty Data est le fruit du travail de l’ERC, un réseau de journalistes qui collaborent à travers le monde pour enquêter sur les crimes environnementaux.

L’eau est une composante majeure du fonctionnement des data centers. Dans leur course pour devenir les prochains grands hub mondiaux de data centers, nous examinons les questions soulevées en Inde, au Brésil, en Espagne et en France sur ceux qui surveillent réellement leur consommation d’eau, toujours croissante.

À Thakurpada, un bidonville situé à la périphérie de Mumbai, l’eau potable n’arrive qu’un jour sur deux.

Ruksana Mohammed, une commerçante d’une cinquantaine d’années qui tient une épicerie, a l’habitude d’interrompre sa journée pour aller chercher de l’eau. « Quand elle arrive, nous devons laisser tomber tout ce que nous sommes en train de faire », explique-t-elle.

Le dimanche, Umesh Ganu, employé de bureau, fait la queue devant le point d’eau de son quartier. Il remplit plusieurs jerricans et seaux en plastique. L’eau n’est pas potable et ne peut être bue sans risque. Pour boire, il dépend de bidons d’eau filtrée achetés dans le commerce.

Umesh Ganu, employé de bureau, remplit des récipients à un robinet public de Thakurpada, un quartier populaire de Navi Mumbai. Le gouvernement fournit de l’eau une fois par semaine et celle-ci n’est pas potable. Photo: Shamsheer Yousaf

Les habitant·es de Thakurpada, dont beaucoup sont ouvriers d’usine ou travailleurs journaliers vivant dans des habitations de fortune couvertes de bâches ou de tôles ondulées, subissent des pénuries d’eau depuis des décennies. Pourtant, les data centers qui apparaissent dans leur quartier disposent, eux, d’un accès à l’eau 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Un nouveau data center de sept étages en acier et en béton construit par Digital Edge, une entreprise basée à Singapour, marque le début de cette implantation. La société prévoit de construire six autres data centers sur ce site. Elle a acheté une parcelle de 19 hectares à Mukand Ltd, un fabricant d’acier local. Cette extension de 553 millions de dollars consommera 206 000 litres d’eau par jour, selon les documents déposés par l’entreprise.

Au moins huit autres data centers sont prévus dans un rayon de trois miles. Juste à côté, une entreprise japonaise, NTT Global Data Centers, construit une autre immense installation sur 22 hectares achetés au même sidérurgiste. Cette installation consommera 223 000 litres d’eau par jour.

Un nouveau data center de l’entreprise singapourienne Digital Edge domine les bidonvilles de Thakurpada, un quartier populaire de Navi Mumbai. Photo: Shamsheer Yousaf

Les data centers hyperscale comme ceux qui apparaissent à Thakurpada sont réputés pour être de très gros consommateurs d’eau. Les calculs intensifs liés à l’IA, en particulier, utilisent des puces très puissantes pour exécuter des tâches complexes, générant une chaleur considérable qui nécessite de grandes quantités d’eau pour le refroidissement.

Cela accentue la pression exercée sur les réserves mondiales d’eau douce, déjà mises à rude épreuve par d’autres industries, par la consommation humaine et par les effets du réchauffement climatique, alors que des scientifiques mettent en garde contre une « faillite hydrique mondiale ».

Selon un récent rapport des Nations unies, des milliards de personnes dans le monde seront affectées par la diminution des ressources en eau douce. Tandis que les acteurs les plus « puissants » tirent profit d’industries très consommatrices d’eau comme l’IA, les conséquences les plus graves seront supportées par les populations à faibles revenus, les peuples autochtones, les femmes, les jeunes et d’autres communautés vulnérables, qui portent une part disproportionnée du poids de la crise.

À Mumbai, les data centers bénéficient d’un approvisionnement en eau garanti 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, alors que seulement 4 % de la région métropolitaine bénéficie d’un approvisionnement permanent. Plus de 71 % des habitant·es disposent d’eau moins de quatre heures par jour, selon un rapport de mai 2025 de la Praja Foundation, une organisation non gouvernementale.

Ici, ce sont les ménages les plus pauvres qui paient le prix fort. Dans les bidonvilles, les habitant·es ne disposent que de 45 litres d’eau par personne et par jour, contre 135 litres dans les quartiers plus aisés.

Dans l’ensemble de l’Inde, les data centers ont consommé 150 milliards de litres d’eau l’année dernière, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2030, selon les estimations du secteur. L’Inde rassemble 18 % de la population mondiale mais ne possède que 4 % de ses réserves d’eau douce. Dans le pays, 600 millions de personnes sont déjà confrontées à des niveaux élevés à extrêmes de pénurie d’eau, selon les données gouvernementales.

Pour répondre à la demande croissante en eau dans la région métropolitaine de Mumbai, où se trouvent plus de la moitié des data centers indiens, le gouvernement de l’État a approuvé plusieurs nouveaux projets de barrages. Pour construire le barrage de Kalu, dont la réalisation a été accélérée, le gouvernement propose d’acquérir 999 hectares de forêt et plus de 1 200 hectares de terres privées.

Le projet rencontre une forte résistance de la part des communautés locales, notamment des Adivasis autochtones qui seraient déplacés. Tous les conseils des villages tribaux concernés ont rejeté la proposition.

Les douleurs de la croissance

En Espagne, dans la région enclavée d’Aragon, située entre deux grandes puissances économiques, Madrid et la Catalogne, l’opposition grandit face à l’importante demande en eau, alors que la région devient l’une des nouvelles terres promises de l’industrie des data centers, qui cherche à répondre à l’explosion de la demande européenne en IA et en calcul à haute densité.

En 2022, Amazon Web Services (AWS), la division cloud et informatique d’Amazon et premier hyperscaler mondial, a commencé à exploiter trois data centers dans la région, à Huesca, El Burgo de Ebro et Villanueva de Gállego, constituant un hub destiné à devenir le plus grand projet hyperscale d’Europe d’ici 2030.

Microsoft, de son côté, a déjà obtenu les autorisations nécessaires pour trois nouveaux centres. D’autres grands acteurs économiques, des fonds d’investissement transnationaux comme Blackstone et Azora aux importantes entreprises énergétiques Repsol et Forestalia, ont eux aussi annoncé d’immenses projets de data centers dans la région.

Mais les ambitions croissantes du gouvernement local s’accompagnent d’une opposition croissante face au volume considérable d’eau requis par cette explosion des infrastructures de traitement de données hyperscale. Comme de nombreuses autres régions d’Espagne, l’Aragon connaît un important stress hydrique et a subi de graves sécheresses ces dernières années.

AWS affirme que chacun de ses centres consomme jusqu’à 53,9 millions de litres d’eau par an.

Les inquiétudes se sont renforcées l’année dernière après qu’Amazon a demandé une modification des autorisations environnementales de ses trois centres en activité, après avoir reconnu avoir utilisé 48 % d’eau supplémentaire pour refroidir ses serveurs par rapport à ce qui avait été initialement annoncé.

Dans le rapport technique destiné à justifier ces modifications, Amazon déclarait, « L’été 2022 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe et en Espagne, et a constitué un test extraordinaire de la menace imprévisible que représente le changement climatique pour les infrastructures hydriques d’AWS. »

Si le gouvernement régional a modifié sans difficulté les autorisations de l’entreprise, certains habitant·es acceptent moins facilement l’explication du géant technologique concernant le caractère « imprévisible » du changement climatique.

« C’est ridicule qu’ils disent ne pas avoir correctement calculé les effets du réchauffement climatique. Cela fait des années que vous affirmez disposer d’un système d’IA permettant aux agriculteurs d’économiser de l’eau [dans leurs systèmes d’irrigation], et vous n’êtes pas capables de calculer ça ? », s’indigne Alonso Llorente, habitant de Saragosse, la capitale de la région, et membre de l’un des nombreux collectifs mobilisés depuis des mois pour empêcher les projets d’Amazon.

Le joyau brésilien de l’IA

Tout au sud du Brésil, dans une ville appelée Eldorado do Sul, le petit agriculteur João Francisco Morais Cardozo parcourt son exploitation de 17 hectares et explique le système qu’il a mis au point pour collecter et stocker l’eau de pluie destinée à son verger.

C’est le manque d’eau durant l’été qui l’a conduit à arrêter, il y a quelques années, de cultiver du riz sur cette propriété. Mais aujourd’hui, même les cultures moins gourmandes en eau souffrent pendant la saison sèche.

Cardozo, surnommé Tigre, vit et cultive des terres au sein d’une colonie issue de la réforme agraire, une propriété collective dont le droit d’usage appartient au Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra, le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST). Le MST est un mouvement social brésilien qui milite pour la réforme agraire et est actuellement le plus important producteur de riz biologique sans pesticides d’Amérique latine.

Cardozo, surnommé Tigre, constate une modification du régime d’humidité des sols dans la colonie où il vit et travaille. Photo: Alass Derivas.

Selon lui, beaucoup de ses camarades développent actuellement des systèmes pour garantir la quantité d’eau nécessaire à la croissance du riz en été.

« Quand nous avons obtenu ces terres, nous avions du mal à installer des clôtures. Le sol était tellement humide que nous utilisions des termitières pour maintenir les poteaux en place », se souvient-il, évoquant encore les années 1990, lorsque le MST a obtenu le droit de rester sur les rives du fleuve Jacuí, l’un des plus importants de la région.

« Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus capables de creuser le sol, parce qu’il est tellement sec en été qu’il devient compact. »

C’est la raison pour laquelle il s’inquiète de la construction future d’un data center dans les environs. Et il ne s’agit pas de n’importe quel data center, mais d’un projet dont les autorités locales se vantent qu’il sera le plus grand d’Amérique du Sud, le campus Scala AI City, d’une puissance de 4,75 gigawatts (GW) et d’une superficie de 5 millions de m², porté par la plateforme américaine de data centers hyperscale Scala.

Cardozo affirme que l’exploitation s’est déjà retrouvée plusieurs fois sans eau en raison du changement climatique.

« Le climat change énormément. Aujourd’hui, les sécheresses sont beaucoup plus intenses qu’auparavant et les températures sont beaucoup plus élevées, ce qui contribue à l’évaporation de l’eau. »

Il peut sembler surprenant que le manque d’eau constitue aujourd’hui l’une des principales préoccupations des producteurs de riz biologique d’Eldorado do Sul, puisqu’encore à la mi-2024, une partie de la colonie demandait à être déplacée pour un problème apparemment inverse, des inondations récurrentes.

En mai de cette année-là, des inondations sans précédent ont dévasté la municipalité. Le New York Times les avait décrites comme « l’une des pires inondations de l’histoire moderne du Brésil, faisant des centaines de morts et submergeant presque entièrement un État ». À Eldorado do Sul, environ 81 % des habitations ont été touchées.

Des questions sans réponses

Non loin de la colonie du MST, les habitant·es du village rural de Guaíba City sont eux aussi inquiets.
« Ici, nous manquons d’eau, car il n’y a pas de réseau d’assainissement et toute notre eau provient de puits artésiens », explique Raquel dos Reis Roman, 45 ans, qui s’est installée dans la région en 2017 à la recherche d’une meilleure qualité de vie.

« Les data centers consomment beaucoup d’eau et nous dépendons de l’aquifère. Leur consommation pourrait-elle nuire à la nôtre ? C’est la question qui reste sans réponse », ajoute Sirlei Souza, l’une des responsables de la communauté, qui vit dans la région depuis plus de trente ans.

Souza, responsable communautaire qui vit à Guaíba City depuis près de trois décennies, se demande si le data center pourrait affecter les puits qui fournissent de l’eau à sa famille. Photo: Alass Derivas

Une plateforme créée par le gouvernement brésilien afin de prévenir les effets du changement climatique dans le pays classe Eldorado do Sul comme zone à « haut risque », parmi les vingt territoires les plus vulnérables de l’État du Rio Grande do Sul en matière de stress hydrique. La plateforme désigne l’utilisation intensive de l’eau par l’industrie et l’agriculture comme les principaux facteurs expliquant ce niveau de risque.

Selon une étude de l’Agence nationale brésilienne des télécommunications (Anatel), les data centers utilisant des systèmes traditionnels de refroidissement à eau peuvent consommer jusqu’à 18 millions de litres d’eau par jour.

Scala affirme cependant que ce ne sera pas le cas pour son AI City.

Dans son rapport de développement durable, Scala indique que ses installations utilisent « des systèmes de groupes froids refroidis par air combinés au free cooling », sans gaspillage d’eau. « Le fluide de refroidissement circule à l’intérieur d’un système en boucle fermée et ne nécessite aucun réapprovisionnement au-delà du remplissage initial. Par conséquent, ces data centers ne consomment aucune eau supplémentaire pendant leur fonctionnement et ne génèrent aucun rejet. »

Mais tout le monde n’est pas convaincu.

Un manque de données complètes

Le Laboratory of Public Policy and Internet (Lapin), organisme brésilien de recherche et de plaidoyer, appelle à la prudence.

« Bien que Scala considère qu’il s’agit d’un cycle autosuffisant, l’entreprise ne communique pas le volume total d’eau nécessaire à ce remplissage initial et ne fournit pas non plus de données spécifiques concernant ses différentes installations, comme le data center d’Eldorado do Sul, ce qui rend par conséquent difficile l’évaluation de l’impact hydrique réel de ses activités », indique l’organisation dans un rapport.

Une étude citée par Brasscom, l’association brésilienne de l’industrie technologique, estime que les systèmes de refroidissement en boucle fermée nécessitent un approvisionnement initial de 23 000 litres par mégawatt (L/MW). À pleine capacité, l’AI City d’Eldorado do Sul nécessiterait donc environ 110 millions de litres, soit l’équivalent des besoins en eau d’une rizière de 10 hectares exploitée par un producteur de taille moyenne.

Un autre rapport consacré à l’essor des data centers, publié par trois organisations brésiliennes, observe que, même s’il est de plus en plus souvent avancé que les nouvelles architectures de data centers réduisent considérablement, et parfois éliminent presque entièrement, l’utilisation d’eau pour le refroidissement, les études universitaires et les enquêtes journalistiques mettent en garde contre le fait que, lorsqu’un refroidissement par évaporation est utilisé, ou lorsque la dépendance indirecte à l’eau liée à la production d’électricité est importante, la consommation peut demeurer significative. Le rapport ajoute que le choix du site, la conception du système et la transparence des données constituent des facteurs essentiels pour évaluer l’impact.

Selon Brasscom, un renouvellement annuel de l’eau est également nécessaire en raison de la maintenance et des fuites, à hauteur d’environ 10 % de la capacité du réservoir. L’association estime que les data centers représentaient 0,003 % de la consommation totale d’eau du Brésil en 2022 et que cette part atteindra 0,008 % en 2029.

Pour le Lapin, il est clair que Scala manque de données cohérentes concernant sa consommation de ressources, ce qui limite à son tour la capacité des différentes parties prenantes à mener des évaluations critiques.

« En conséquence, l’entreprise s’éloigne de la possibilité de s’imposer comme une référence en matière de durabilité et s’oriente vers un modèle de développement caractérisé par une transparence limitée et une négligence à l’égard des communautés concernées », affirme l’organisation.

En réponse à nos questions, Scala et le gouvernement du Rio Grande do Sul ont assuré qu’il n’existait aucun risque pour l’approvisionnement en eau de la région. Ce dernier insiste sur le fait que la planification du projet Scala AI City est menée conformément à la réglementation en vigueur et dans le respect des intérêts de la population locale, notamment de son approvisionnement en eau.

« Le projet n’entre pas en concurrence avec les usages domestiques, agricoles ou industriels, même dans des scénarios de stress hydrique », affirment-ils.

Pas aussi “cool” qu’on pourrait le croire

Dans le sud-est de la France, sur le littoral méditerranéen, une autre inquiétude liée à l’eau est en train d’émerger.

À Marseille, deuxième ville de France, l’entreprise américaine Digital Realty utilise un système de refroidissement par eau de rivière – qu’elle présente comme économe en énergie – pour refroidir plusieurs de ses data centers situés le long du port.

Depuis 2018, elle est autorisée à prélever de l’eau dans la Galerie à la Mer, un ancien tunnel de drainage construit pour évacuer les excédents d’eau des anciennes mines de charbon de la ville voisine de Gardanne, afin de refroidir ses data centers.

Divisé en deux sections, l’ancien tunnel comprend une partie qui évacue des eaux polluées et une seconde qui transporte de l’eau potable. Captée à une température de 15,5 °C, l’eau traverse les systèmes de refroidissement du data center avant d’être rejetée dans la mer Méditerranée à une température comprise entre 27 et 30 °C. Des militant·es locaux dénoncent les risques pour la biosphère locale et demandent que des recherches approfondies soient menées sur le sujet.

Comme l’a révélé La Quadrature du Net, principale association française de défense des libertés publiques, l’État français a investi 15 millions d’euros pour financer en partie les travaux nécessaires au détournement de l’eau de la Galerie à la Mer vers le projet de Digital Realty.

Mais pour le collectif Le nuage était sous nos pieds, un groupe de militant·es marseillais enquêtant sur l’impact des data centers, « il s’agit d’une véritable politique de greenwashing ».

Les enquêtes menées par le collectif au fil des années ont montré que Digital Realty avait exagéré l’impact du système sur sa consommation énergétique.

Lors d’une enquête publique menée en 2018, l’entreprise expliquait que le refroidissement par eau de rivière réduisait de 90 % la consommation électrique de ses data centers. En septembre 2024, le responsable français de l’entreprise avançait publiquement un chiffre de seulement 30 %.

Comme l’a révélé une étude d’impact consacrée à MRS5, l’un des projets de data centers actuellement en construction à Marseille, le refroidissement par eau de rivière n’a qu’un effet très limité sur la réduction de la consommation énergétique des projets les plus récents de l’entreprise.

La consommation énergétique du projet, estimée à 241 millions de kilowattheures par an, tomberait à 230 millions de kilowattheures grâce au recours au refroidissement par eau de rivière. Cela représente une réduction de moins de 5 %.

À cela s’ajoute la crainte que l’électricité utilisée par les data centers soit détournée d’autres infrastructures susceptibles de mieux répondre aux besoins locaux.

Sébastien Barles, adjoint au maire de Marseille chargé de la transition écologique, explique que les data centers contribuent à la saturation du réseau électrique et créent de potentiels conflits d’usage avec de nouveaux besoins comme l’électrification des flottes de bus, la mobilité électrique ou encore l’électrification du chantier de réparation navale.

En France, les collectivités locales définissent un plan local d’urbanisme précisant quels types d’infrastructures, d’activités industrielles ou d’entreprises peuvent s’installer sur le territoire municipal. Il n’existe cependant aucune catégorie spécifique pour les data centers et les élu·es ne peuvent pas directement s’opposer aux projets.

Pour Barles, cette situation nourrit chez les élu·es locaux un sentiment « d’impuissance ».« Nous n’avons aucun moyen de refuser l’installation de data centers. »

Digital Realty n’a pas répondu à nos questions.

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